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vendredi 19 mars 2010

Ecotourisme et avion

 L'écotourisme n'est pas un concept adopté par tout le monde.  Et faire un voyage pour aller dans le sud en utilisant un avion peut, à prime abord , aller à l'encontre de ce concept.

  A partir du moment que vous acceptez l'idée qu'il faut réduire son impact CO2, il n'a pas moyen d'utiliser l'avion sans impact carbone majeur  Adieu le sud pour une semaine!  Il faut y aller en vélo, en bateau ou en voiture électrique! Et surtout:
prendre 1 mois de congé à vos frais!!

Ce n'est plus du paradoxe, on sombre dans la dissonance cognitive! Car tous vos éco-gestes de l'année seraient largement annulés par ce voyage...Faut-il avoir la force de ses convictions? Ou accepter les facilités que nous proposent notre époque?

Dessin de Hellgrewe Rudolf (1860(1860)–1935(1935))

Pour développer sur le sujet:
Le billet de Anne Gouyon nous donnant simplement des pistes prospectives sur le sujet
dessine moi un avion ecolo

Sur le tourisme de masse, une traduction française d'un article du Wall Street Journal:
Le touriste tenté par la classe ecologique

Et pourquoi pas:
le routard a toujours été durable   pour son paragraphe L'insoluble dilemme de l'avion.

Ou ce blog québécois http://blogues.guidesulysse.com/tourisme-responsable/

Et pour finir il y aura en France le premier forum du tourisme responsable
(du 11 au 13 juin à Chambery)


lundi 1 mars 2010

GreenSpinning vs GreenWashing

Greenspinning > a heavily biased portrayal of a green event or situation

Va- t-on trop loin pour convaincre les gens?   Quand maintenant les animaux doivent se suicider pour nous convaincre, doit-on comprendre que le marketing publicitaire pour nous informer sur le changement climatique tourne à vide?  Il y a le Greenwashing, on a maintenant le Greenspinning.  Ce néologisme se base sur la notion en relation publique du spinning, qui, péjorativement, désigne les manoeuvres fortement biaisées en faveur de son propre point de vue.



On peut embrasser une cause, mais on a pas besoin de s'embarrasser de geeenspinning?  A situation urgent, argument urgent? Démagogie ? On dirait en français Écomagogie comme on dit Écoblanchiment.


Simon Filiatrault (son site) m'a mis sur la piste de ce nouveau phénomène:
Is green propaganda going too far?

vendredi 26 février 2010

La course aux rats


Se pourrait-il que nous puissions agir seul parmi la foule?  On nous dit que notre société prône l'individualisme. Mais moi, je ne vois que des décisions basées sur les autres. Et le plus surprenant, c'est qu'on ne peux pas le retirer de l'équation..


The New York Times photo archive 



Une course aux armements.
Si votre pays voisin est belliqueux , il vous faut vous préparer à vous défendre. Que nous soyons pacifique cela ne change pas grand chose. Et généralement, vous choisissez une arme semblable aux voisins. Et il y aura alors un équilibre des forces qui s'établira jusqu'à la prochaine fois...
Si, en économie , la concurrence est souhaitable, la course aux clients fait en sorte que la dernière saveur du jour est plus prisée.  C'est l'effet de mode.  Avant l'industrialisation de nos société occidentales, la mode existait mais elle était plus lente à faire le tour d'une population, l'effet d'inertie, la lenteur des communications, la faiblesse de la production, ne permettaient pas de voir le changement de façon aussi radicale qu'aujourd'hui.

Une course au durable
Maintenant c'est la vague verte, le tout écologique.  On se demande qui aura son éolienne dans sa cour en premier.  La course aux durables est en soi une bonne chose: pouvoir combiner une bonne pratique avec cette attitude générale des humains à ne pas se faire dépasser par l'autre.  Dans la course à l'énergie renouvelable, à l'évidence le voisin qui possède sa propre source d'énergie alternative est partant favori  lorsque les puits de pétrole seront à sec...
Nous comprenons donc ici tout l'intérêt de voir nos gouvernement à ne pas se faire dépasser par les autres et s'intéresser à développer des sources autonomes et renouvelable d'énergie.  Mais après, qui donc sera prêt à couper le cordon ombilical avec le puits de pétrole pour lancer dans l'aventure du tout renouvellable?  Pas grand monde!...si on analyse l'après COP15 .  Car si vous passez à l 'énergie alternative, si vous diminuez, volontairement, la création de CO2 de vos industries, vous allez fatalement avoir un diminution de production (ou une hausse de vos coûts, ce qui revient au même). Et paf, vous n'êtes plus compétitif et perdez la course.

Qui perd, perd vraiment
Nous avons donc ici, l'envers de la médaille: au jeu de la course on ne peux pas se laisser se distancer.  Qu'importe la course, on perd à ne pas courir. Comme au temps de l'escalade nucléaire où les deux blocs s'affrontant ne pouvaient pas unilatéralement diminuer leurs armements .  Il y a fallu faire de petits pas et beaucoup de réunions pour arriver à diminuer l'arsenal nucléaire simultanément.
Pour diminuer les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), c'est à savoir qui va vouloir "perdre de l'argent '' en premier, même pour la bonne cause.  Voir ici Maxime Bernier qui défend l'attentisme d'Ottawa pour vous en convaincre.  Pour le changement climatique,  tous se regardent et des jeux de coulisse se mettent en place.  Nous ne sommes pas entre voisins de palier, nous sommes une multitude de gens autour d'une table.  Les problème se règlent plus lentement et rarement seul contre tous.  J'aimerais que ça se règle plus vite mais cette course à ne pas se faire dépasser semble implacable. On devra patienter.  Au risque de manquer le bateau...

Et sur le  bateau, regardez la tempête au loin
En fait, je voulais en venir à un problème  plus prosaïque.  Et si, pour la prochaine tendance, nous trouvions que la surpopulation est un problème, qui croyez-vous qui va demander à ces concitoyens de diminuer son nombre d'enfant?  Si comme individu, il peut être facile de faire le choix, pour une société, volontairement diminuer son renouvellement, est une aberration.  Et si le voisin ne le fait pas?  C'est le nombre qui l'emportait.  

Si tout ceux qui ont une conscience écologique avait une envie irrésistible de ne plus se reproduire.  C'est ceux qui n'ont pas une conscience écologique qui se reproduiront et vont prendre la place et ... ( je vous le donne en mille)... ils ne poursuivrons pas les idéaux écologiques mis en place! Hé ! Maintenant vous trouviez que COP 15 n'avance pas assez vite à votre goût? Le dilemme de la surpopulation sera un vrai casse-tête...

C'est ça la course aux rats...faire le plus d'enfant et de peupler les espaces libres que les citadins des pays développés auront désertés.  Et la loi du plus nombre aura raison... que ça nous plaise ou non.


Pour élargir le débat:
Conférence de Copenhague sur  www.greenzer.fr/
Les billets environnements de François Cardinal sur  Cyberpresse.ca
Un point de vue catholique sur le contrôle des naissance sur www.1000questions.net
Un point de vue New Age de la surpopulation http://terresacree.org/anne.html

Une étude psychosociologique à la manière de Milgram fait par France 2 sur la pression du groupe sur un individu:  Quand la télé vous manipule

Deux article sérieux sur le développement durable et population, en français sur blog.penserdurable.com
et  en anglais de l'université de Stanford  sur e360.yale.edu
et bien sûr:  Wikipedia fr.wikipedia.org/wiki/Surpopulation

Sans oublier ce drôle de mouvement pour l'extinction volontaire de l'humanité
francais anglais

vendredi 5 février 2010

Les videos vendredi: climatoscepticisme

Il faut quand même chercher a se donne plus de point de vue, je vous laisse juger par vous-même de videos qui s'offusque de ce que certains appellent le Changement Climatique de la Peur.

Le réchauffement de la planète une escroquerie (VOF)



La grande fraude du réchauffement climatique (VF en 7 parties)


OTHER side of Global Warming debate (VOA)


Global Warming - Some Real Science - Hmmm Imagine That! (VOA)



Mais selon Jean-Marc Jancovici, spécialiste du climat et fervent défenseur de la "fiscalité carbone", (je parle de son site dans mon billet"...le climatoscepticisme n'est pas un courant organisé " dans un interview accordé à JDD

Et vous, ca vous questionne? Dites moi ce que vous en pensez!

mercredi 13 janvier 2010

Manicore

Depuis quelques temps je me suis mis éplucher le merveilleux site de Jean-Marc Jacovici, Manicore . C'est un ingénieur diplômé de l'École Polytechnique et l'École Nationale Supérieure des Télécommunications de Paris . Son domaine d'expertise est  le changement climatique, les émissions de gaz à effets de serre et surtout l'intensité énergétique des organisations.  ''Il capable de les vulgariser très efficacement grâce à un style décontracté, souvent amusant, ou l’auto-dérision côtoie les informations les plus sérieuses et fiables''(source) .

Et je n'ai pas fait tout le tour mais ça vaut la peine d'y jeter un coup d'œil. Il connaît bien son sujet et ne se gène pas à être généreux dans les tableaux chiffrés et les références.


C'est là où j'ai pris mes informations sur la comparaison de l'énergie fossile et l'esclavagisme. (Combien suis-je un esclavagiste ? ) Il est ouvertement pour le nucléaire . Il crois que cette forme d'énergie est pour l'instant une solution à moyen terme, même si je crois que les dangers sont très présents. Il ne prend pas l'avion car il croit à ce qu'il dit quand il affirme que c'est là que ce fait le plus impact écologique. Et pourtant il en vient à penser qu'un troisième aéroport pour Paris est utile ( Faut-il souhaiter la croissance du trafic aérien ? (juin 2004). Il arrive même à nous convaincre pourquoi les énergies renouvelable ne pourra pas remplacer le pétrole. (Pourrions nous vivre comme maintenant avec juste des renouvelables ? ).


Voici pêle-mêle des questions qu'ils nous balancent à la figure et qu'il a l'audace de nous répondre.

La voiture électrique est-elle LA solution aux problèmes de pollution automobile ?

Se passer de voiture au quotidien : est-ce possible ?

A combien d'énergie fossile avons nous droit si l'on veut stabiliser la perturbation du climat ?

Combien coûte l'énergie ?

Ca vous intéresse? Laissez-vous charmer par son style.

Et si le mot manicore vous intrigue cela vient de la ville de Manicoré en Amazonie (Brésil). C'est aussi le nom de sa société d'ingénieur-conseil.

vendredi 4 décembre 2009

Full Impact Life

J’ai cesse de croire d’arrêter mon impact (voir mon billet  sur No Impact Man) sur cette Terre à partir du moment où j’ai compris que je suis partie prenante de cette Terre.  Je disais justement que d'avoir zéro impact, c’est la mort, c’est nourrir les pissenlits par la racine , ne plus avoir d’enfant pour que la consommation cesse. C'est la seule façon sans effort d'y parvenir.

Et si la nature, système complexe s’il en est, que je compare volontiers au chaos, a toujours connu des cycles de vie qui domine tout l’espace vital? Je ne cesse de penser à ces premiers cyanobactéries qui par milliards ont colonisés la planète au tout début, et de par leur nombre ont transformés l’atmosphère irrespirable primordiale en y injectant massivement sur des millions d'année l'oxygène nécessaire pour la vie future. Anecdote en passant, en parcourant l'encyclopédie populaire en ligne Wikipédia sur l'article consacré aux extinctions de masse, toutes les hypothèses avancées tournent autour de causes externes.  Comme si inconsciemment, il n'était pas admis que la vie puisse tout bouleversé par lui-même.   La vie n’est pas programmé pour faire le bien, elle vie et cela occasionne des bouleversements.  Que nous assistons à une extinction voila qui est naturelle, voulu par ce chaos si j'ose dire.  Nous avons bien dû, comme humanité, être les héritiers d’une extinction antérieure, non?  La vie va faire son chemin sans nous, malgré notre impact.
 


Mais voila, nous avons une intelligence qui nous permet de faire de la prospection, de planifier l’avenir. Somme nous si sûr de tout contrôler? Non! Il faut être humble et aller à tâtons.  Il y a changement climatique, les indices le démontrent.  Sommes-nous les déclencheurs de ce changement? Les disputes autour de ce débats montre bien que nous nous entendons pas sur ce point.  Et c’est normal, nous sommes encore limités dans notre omnipotence. Sur un échelle géologique, l'enjeu serait d'être l'espèce animal ayant réussi à changer le cours des choses. Être pessimiste ne rajoute pas de plus-value à nos gestes écologiques, il faut juste en être conscient.


Voilà, je suis zen quand même, malgré que la chaloupe prend l'eau sur une mer déchainée, que le moteur a calé et que quelqu'un a égaré les rames...



(image:Allegoria dell'immortalità, dipinto di Giulio Romano, 1540 ca, Founders Society Purchase, Mr. and Mrs. Walter Buhl Ford)

lundi 30 novembre 2009

Les flagellants des temps modernes

 No Impact Man, l’homme qui prêche par l’exemple, veux nous faire partager sa vie d'ascète avec le minimum d’impact environnemental possible. Je me suis permis de réfléchir sur ces gestes de sacrifice que posent certains face à l'impact de notre société de consommation.  Et je ne suis pas sûr d’être d'accord.

La pensée magique
No Impact Man me rappelle ces flagellants du XIIe siècle dont wikipedia définie le dogme de cette façon:


--Les flagellants, par leur martyre, pensaient sauver leurs âmes mais aussi contribuer au sauvetage de la chrétienté tout entière.--

Un genre de No Impact Man médiéval  mais pour le vice, qui en se fouettant génère une contrebalance des basses mœurs de ces congénères.  On se gausserait bien de ces masochistes d'avant  la lettre, aujourd'hui.Mais mettons-nous dans la peau d’un flagellant, tout écorché soit-il, deux secondes.
Le bas empire romain n’est plus qu’un souvenir, les villes se barricadent et les campagnes se dépeuplent, les dernières invasions barbares se terminent à peine, l’Église d'avant le Schisme d'Occident est tout puissante sur le spirituel et le séculaire.  Être né à cette période, avoir reçu une éducation basée sur le ouï-dire et les coups de taloche, à survivre dans un univers quasi-magique, religieux et violent, je crois que je ne ferais pas mieux.  Notre No Impact Man aurait alors eu la vision apocalyptique d’un Dieu Vengeur détruisant la terre en voyant la débauche de ces créatures.  Il lui viendrait à l’esprit d’éviter cette punition en s’auto-châtiant pour, en contre-balance, la sauvegarde de l’humanité Le raisonnement se tient: je me punis pour compenser le vice des autres aux yeux du Dieu Tout Puissant. C’est un calcul juste dans un univers naïf, une pensée mystique qui vaut bien notre raisonnement technocratique. Autrefois Châtiment Divin aujourd'hui Catastrophe Écologique.

900 ans plus tard, je me retrouve à ne plus m’étonner de voir apparaître ces flagellants des temps modernes. Par une sorte de provocation, ou investi d'une mission messianique, ils se privent de toutes le avantages de la modernité et du confort pour se lancer dans un mode de vie plus proche de l'ermitage que de la transcendance. Et surtout, notez bien, à titre individuel ou en petit groupe, sans tenir compte d'implication collectif  à grande échelle et temporelle . Comme si les modèles prévisionnelles climatiques étaient la réalité et que, toucher un paramètre du modèle peut faire la différence une fois pour toute.  L'intention est juste toutefois: la balance climatique du XXIe siècle ou la balance religieuse du XIIe peut théoriquement être ajuster de cette façon. C'est la pensée magique.
--Les flagellants des temps moderne, par leur sous-consommation, pensaient soulager leurs angoisse mais aussi contribuer au sauvetage de la Terre tout entière.-- (cet aphorisme est de moi)


 Un modèle planétaire n'est pas la planète

 Il n’y a pas un modèle qui peut englober tout ce que nous voyons, ou alors on joue à le géo-ingénérie, et c’est de l’apprenti- sorcellerie tout cela.   No Impact Man ne cherche pas de solution, il se prive de toute la modernité pour essayer de faire penche la balance de tout ses forces, du haut de son spectacle à deux sous.  Avoir vraiment zéro impact,  c’est la mort, c’est nourrir les pissenlits par la racine , ne plus avoir d’enfant pour que la consommation cesse. C'est la façon la plus simple et rapide de simplifier notre impact.  Toutes autres solutions seraient fastidieuses, douloureuses et pénibles. Et inutile, car est-ce un but que de nier son impact? Les flagellants du XIIe se torturaient, ont perdu de la qualité de vie, et ma foi, n’ont pas sauvé l'humanité à ce que je sache.  A vouloir  diminuer son impact , c'est peut-être une bonne initiative personnelle (à la manière, plus heureuse, de la simplicité volontaire) mais avoir zéro impact ce n'est pas un comportement généralisable à grande échelle. On ne peut pas tous avoir aucun impact.  Non pas que rayer tout comportement consumériste est impossible à obtenir (une bonne guerre ou une pénurie/famine mondiale nous forcera à adopter ces comportements par manque) mais il est collectivement impossible de suivre à la lettre tous les beaux principes du jour au lendemain. Comme pour le rêve Hollywoodien, on ne peut pas tous être riches et célèbres ensembles.

Oui, je suis d'accord que chaque geste compte, mais ne vous laissez pas illusionner par ces coups médiatiques, car c'est bien de ça qu'il s'agit chez No Impact Man.  Les plus difficiles changements sont d’ordres spirituelles et collectifs et ça c’est moins médiatique. Les flagellants des temps moderne n’ajoutent que des frustrations à ceux qui ne savent pas où se donner de la tête pour changer.   Honnêtement incapable de bien imiter nos flagellants, honteusement ils se sentiront rangés dans le camps des pollueurs.  On ne peut pas tous se soustraire à l’inertie sociale de cette façon.  C’est comme d’appuyer les freins à fond à 120km/h sur une autoroute bondée sans avertissement. Le carambolage est assuré...

dimanche 29 novembre 2009

Le poids réel des déchets électroniques

Les gens ne savent pas que leurs déchets électronique se rendent dans ces dépotoirs lointains. Le reportage a été réalisé par des étudiants des Études Supérieurs en Journalisme de l'université de la Colombie-Britannique avec brio et diffusé sur Une Heure Sur Terre à la SRC (à défaut vous pouvez suivre le web-documentaire à propos des déchets que nous produisons, et notre lien avec eux de Yannick B. Gélinas). Le circuit du déchet électroniques passe nécessairement par des gens peu scrupuleux. Étiqueter ces déchets comme des dons pour la population du Ghana est surprenant. Que ces pauvres gens réussissent à récupérer 50% de matériaux avant de tout balancer dans le dépotoir est aussi une surprise. Un courtier en récupération de Honk-Kong est convaincu que se mettre à recycler correctement nos déchets électroniques en augmenterait le coût et diminuait l'intérêt financier de ce recyclage. Il faut donc externaliser les coûts sur une population plus prêt à prendre les risques écologiques pour en retirer les maigres bénéfices.


Au Québec , l'entreprise de recyclage se fait payer par des entreprises pour recycler les vieux équipements informatiques. Ce qui me laisse songeur sur la filière financière de ce circuit. Si les entreprises ne payaient pas, la récupération en tant que telle ne serait pas rentable. Que ce serait-il passé si les entreprises n'avaient pas eu une conscience de bon citoyen? Ils n'auraient pas pris en charge l'externalisation du coût d'un ordinateur dans sa fin de vie. Nous voyons ici que le coût caché pour se débarrasser convenablement d'un ordinateur n'est pas inscrit dans son coût d'achat. Ce coût caché sera nécessairement payé tôt ou tard. (et le jeter dans la nature , geste gratuit, sera payé par la génération suivante quoique vous en pensez).

image: Francesco I nel suo laboratorio alchemico (Stradano, 1570, Palazzo Vecchio).

mercredi 14 octobre 2009

De peur que nos restes

Si jamais il restait de nous qu'un monticule d'ordure, que devrons nous laisser?  Je n'ai pour ma part pas vraiment répondu à cette question forte impertinente. Si occupé que je sois, je peux toutefois me permettre de réfléchir à ce que mon épicier me propose comme deal.  Prenant à bras le corps le virage vert, il me pousse à délaisser les sacs de plastique devenu plastica non grata que je pouvais consommer à peu de frais contre un sac d'épicerie vert et payant.
Bravo, je suis bien content de faire l'échange.  Vous comme moi, on ne peut pas être contre la vertu.  De mémoire, je me rappelle qu'il y a 20 ans mon épicier avait essayé de me faire un deal semblable, mais moins fumant.  Comme on dit, ce n'était pas gagnant-gagnant.  Il voulait me faire payer l'usage des sacs à l'unité.  Pas d'alternative, juste mon pognon pour acheter le droit de prendre un sac de plastique que je jetterais ensuite.  Oh, Bonté Divine!  Le mouvement fut tué sur le coup.

Aujourd'hui ,c'est autre chose. Je ne peux plus aller à l'épicerie sans traîner mon sac (mes sacs, pleins de sacs, toujours plus de sac écolo) et faire prendre l'air à divers logos d'organismes ou chaînes d'épicerie .  Mes co-consommateurs me saluent discrètement de la tête dans les allées, comme dans une confrérie secrète: nous on est les bons.  L'autre , le méchant, il paie 5 cennes son horrible sac, bien fait pour lui.  Les marketings vont même nous inventer bientôt des sacs écolos plus chères mais plus in, plus en couleurs, et exprimant mieux notre moi intérieur (ou notre arrogance d'être plus écolo que l'autre). On aura des classes sociales pleins nos sacs verts.

Et bien voila, une révolution en marche sous mes yeux , c'est plus que l'Octobre Rouge comme en 17, c'est l'Octobre Vert .  Mes sacs écolos vont faire baisser la consommation absurde de sac de plastique à usage unique , un dérivé du pétrole qui pourra servir à d'autres usages plus profitables (je ne peux pas dire durables, bien sûr).  À chaque usage, j'augmente la rentabilité de mon achat et je sauve la Terre.  Profitable?  Si mon sac écolo va me servir 10 ans, il va quand même rejoindre sur le monticule d'ordure les milliers de sac en plastique que les ''méchants'' ont consommés ces dernières années.  Et comme il est à base de plastique , sur un temps géologique, drôlement plus long que notre temps biologique , mon écolo de sac va prendre autant de temps pour se décomposer. (Quand ils sont enfouis, ils mettent 100 à 200 ans pour se dégrader et quand ils sont incinérés, les sacs plastiques sont la source de rejets dans l'atmosphère).


Et l'homme du XXIIIe siècle  trouvant ce sac ne pourra pas différencier en moi l'homme vert que je voulais laisser comme image, des autres l'homo detritus que je snobais.  Ah, zut , j'ai loupé quelque chose dans ma révolution verte. C'était quoi la question déja?